Le message du pasteur sur

 Jean 2 : 1-11  

2e dimanche après l'Epiphanie

 

1 Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, 2 et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus de vin. 4 Jésus lui répondit : Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n'est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu'il vous dira. 6 Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. 7 Jésus leur dit : Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord. 8 Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils lui en apportèrent. 9 Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, --ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, -il appela l'époux, 10 et lui dit : Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent. 11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. 

 

Nous allons voir aujourd'hui, comment un petit incident de fête de mariage a occasionné un grand événement dans le royaume du Seigneur et dans le coeur des disciples. Cela prouve que Dieu se sert parfois d'événements anodins pour accomplir des choses merveilleuses au profit de ses bien-aimés.

C'est par l'affichage des 95 thèses, geste coutumier des étudiants qui voulaient défendre une thèse, que Dieu entraînera le jeune moine Martin Luther dans le formidable tourbillon de la Réformation. 


Nous avons tous des exemples où Dieu a bouleversé le cours de nos vies par des événements discrets qui nous ont surpris et émerveillés. C'est ainsi que Dieu nous fait des sourires du haut de sa sainte demeure. Vous ne serez pas mécontents si je vous dis que le thème de notre méditation tournera autour de l'histoire d'un bon vin. Car c'est de cela qu'il s'agit. 

Nous verrons comment Jésus s'est servi du miracle de l'eau changée en vin pour manifester sa gloire et pour fortifier la foi des disciples. 

Voyons donc : 

      1° À quelle occasion il a manifesté sa gloire 

Et

      2° par quel moyen il a fortifié la foi des disciples

L'Evangéliste tient à préciser que le miracle des noces de Cana se situe parmi les tous premiers miracles de Jésus. C'est par ce miracle qu'il va montrer publiquement sa puissance divine et se révéler comme le Messie promis. 

La première question qui vient à l'esprit est la suivante : Pourquoi a-t-il choisi une fête de mariage pour ce premier miracle et pour faire son entrée publique dans son ministère de Sauveur ? 

La réponse nous semble être la suivante. Nous savons que Jésus a toujours été un instructeur vigilant, saisissant les bonnes occasions pour manifester son règne. 

Un jour, profitant d'une pause autour du puits de Jacob et désireux de se désaltérer, il abordera une samaritaine pour lui révéler le chemin du salut. Jésus ne fait rien au hasard, et le choix de cette noce n'est certainement pas un hasard. 

Donc, nous sommes autorisés à dire qu'il a choisi ce repas de noce pour montrer au monde entier qu'il entend se mêler de la vie des hommes et qu'il veut les bénir dans ce qu'ils ont de plus cher et de plus intime : l'amour conjugal, le foyer, les soins des enfants et leur éducation, les besoins de la famille, le travail, les loisirs, les congés, tout cela en vue d'une vie bienheureuse.

Jésus sait mieux que nos sociologues combien la famille, fondement de la société, a besoin de solides bénédictions pour le bien de la nation tout entière. Jésus est soucieux non seulement du bien-être de notre âme mais aussi de celui de notre corps et de tout ce qui concerne notre vie matérielle. 

Il est très important que nous n'enfermions pas Jésus entre les quatre murs de l'Eglise, comme si nous avions un Seigneur confiné dans un lieu sacré. Mais il est proche de nous et il entend vivre avec nous, dans notre maison, au sein de notre famille et partout où nous sommes parce qu'il veut prendre soin de nous. 

Voilà pourquoi il a réservé son tout premier miracle à ce jeune couple de Cana qui allait fonder un foyer. C'est une belle leçon de confiance. Elle engendre la sympathie et la joie de se lancer dans la vie commune. Tant de gens ont peur du mariage. C'est normal. Ils se lancent dans l'amour sans Jésus qui est pourtant le meilleur conseiller matrimonial et le spécialiste des affaires du coeur. 

La deuxième raison pour laquelle Jésus choisit de faire son premier miracle à l'occasion d'une noce est certainement pour affirmer haut et clair que le mariage n'est pas une institution sociale imaginée par les hommes. Il est l'oeuvre de Dieu. Il doit donc être honoré de tous. Il entend le bénir. 

Si tant de couples vont à la dérive, ce n'est pas la faute de Dieu, c'est parce que l'homme est trop orgueilleux pour confier sa vie au Seigneur. "Si Dieu ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain". 

Enfin, il y a une troisième belle raison qui fait que Jésus a choisi une noce à l'occasion de son premier miracle. Il est l'époux de l'Eglise. Cette image était bien connue du peuple. Elle parlait aux gens. On ne peut pas rester insensible à la belle histoire d'amour du fiancé céleste qui renonce à tout pour épouser l'Eglise, cette petite fiancée pauvre dont la toilette est vraiment misérable et dont la qualité de vie laisse à désirer. 

Ne soyons pas jaloux de ces jeunes mariés qui ont eu l'insigne privilège d'avoir Jésus à leur table de fête. Jésus nous fait le même privilège puisqu'il a dit :"Voici, je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la fin du monde".Il a dit aussi : "Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un ouvre j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui et lui avec moi". Il est dommage que tant de gens lui refusent l'entrée de leur maison, puisqu'ils ne veulent rien savoir de lui. C'est dramatique. 


Et maintenant, passons à table avec Jésus et goûtons voir si le vin est bon. C'est Marie, la mère de Jésus, qui va déclencher l'événement du vin. Elle va trouver son fils avec la question : "Ils n'ont plus de vin". Jésus lui répond aussitôt :"Femme, qui a-t-il entre moi et toi. Mon heure n'est pas encore venue". 

Cette réponse, qui nous semble hors de propos, nous éclaire sur la préoccupation inavouée de Marie. Comme toutes les mamans, elle est fière de son fils. Aussi, elle voudrait précipiter les événements de son règne, une manière de le pousser en avant. Et puis, quand on a un enfant au destin exceptionnel on voudrait le voir faire ses preuves. 

Il est certain aussi que Marie partageait les idées confuses des disciples au sujet de l'avènement du Fils de l'homme. Comme eux, elle s'imaginait que Jésus prendrait possession de la royauté d'Israël et qu'il manifesterait aussitôt son autorité et son règne par une grande majesté et une superbe gloire. 

Mais Jésus tient à mettre les choses au point. Il fait savoir à sa mère qu'il y a un domaine réservé d'où elle est exclue : C'est celui de sa mission de Sauveur. Il lui rappelle aussi que l'heure de sa royauté n'est pas encore arrivée. Il n'a pas encore revêtu la couronne de la souffrance, ni le manteau écarlate du supplice. Il n'a pas encore saisi à pleine main le sceptre sanglant du martyre pour couvrir d'une belle justice ses sujets. 

Marie a compris la leçon. Elle se soumet à celui qui est son Maître et son Sauveur. Elle dit aux serviteurs : « Faites ce qu'il vous dira. » C'est un beau rappel pour tous les croyants. Faisons tout ce que Jésus nous dit de faire et de croire, et nous serons dans le vrai de son royaume. 

Faisons maintenant un gros plan sur le miracle du vin. 

Première remarque : Jésus ne refuse pas l'intervention souhaitée par sa mère. Marie attendait un signe de la royauté de son Fils. Jésus va le lui donner. Cela nous montre que, même lorsque nos prières sont maladroites et demandent des choses pas très sages, Jésus, lui, corrige la prière en y répondant avec sagesse de manière à nous faire du bien. 

Deuxième remarque : Il est étonnant que Jésus, à l'occasion de son tout premier miracle, se livre à un prodige quelque peu superflu. Manquer de vin, même pour un mariage, ce n'est pas la mer à boire ! Cela ne peut pas nuire au bonheur des époux. Plus tard, Jésus fera des miracles autrement plus utiles, lorsqu'il guérira des lépreux, des démoniaques, des aveugles et des paralysés. 

Pourtant, il consent à changer l'eau en vin. Pourquoi ce miracle d'agrément ? Pour nous montrer qu'il est attentif à tous nos besoins. Jésus ne se remue pas que pour les grandes causes, comme le font les gens de ce monde. Il répond à tous nos besoins, même à ceux qui, aux yeux des autres, paraissent petits ou insignifiants.

Il connaissait sans doute le petit budget de ces mariés qui avaient dû restreindre la quantité de vin et qui s'étaient contentés d'une qualité moyenne. Et puis, le miracle du vin est une merveilleuse pédagogie. S'il peut changer de l'eau en vin, il peut changer nos pleurs en joie, nos craintes en confiance, nos hésitations en engagements.

Déjà, la nature nous invite à cela. Jésus disait que si Dieu revêt d'une étonnante beauté le lys des champs, comment peut-on imaginer qu'il ne prendrait pas soin de ses enfants? Avons-nous si peu de foi pour penser cela ? 

Donc, s'il pousse le luxe, ce jour-là, de gratifier les époux d'un vin excellent pour monter le niveau de l'ambiance, comment pouvons-nous imaginer qu'il ne ferait rien pour secourir les tourmentés, les affligés et tous les pécheurs qui implorent sa grâce et son salut ? 

Troisième remarque : Jésus fait son miracle en cachette, à la dérobée. Il ne monte pas sur une table en réclamant le silence et en disant : Attention, mesdames et messieurs, je vais changer devant vous l'eau de ces jarres en vin excellent. 

Le miracle étonnant se passe à l'insu des invités. Pourquoi ? Parce que Jésus ne veut pas livrer les grandes oeuvres de sa gloire pour satisfaire seulement notre goût du spectaculaire ou pour le plaisir de la distraction. Il ne veut pas non plus que la foi se nourrisse et grandisse seulement par  du visible et du grandiose .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Jésus est un grand Seigneur. Sa puissance est réelle même dans une seule parole de notre Bible. Et si cette parole est promesse, elle s'accomplira avec fidélité, même si rien de spectaculaire ne se passe. 

Il est connu que bien des chrétiens, aujourd'hui, sont à la recherche de cultes spectaculaires, pour gagner une foi plus vivante. Ils attendent donc des signes, des guérisons, des prodiges, des transes, des éclairs et du feu. 

Cela se fait souvent au détriment de la doctrine, de la parole et des sacrements. Jésus n'a pas promis de changer l'eau de nos fêtes de mariage en bon vin. Mais il a promis d'accomplir toutes les paroles de nos évangiles avec une rigoureuse fidélité. N'oublions jamais : dans la Bible nous avons le bon vin de sa parole. 

Quatrième remarque : L'ordonnateur du repas attire notre attention sur la qualité du vin. Le Seigneur sait changer du château la source en Château Margaux millésimé. Cela veut dire qu'il déploie en faveur de ses bien-aimés des trésors de bienfaits. Il leur donne le meilleur de lui-même pour les savoir heureux. Il ne donnera pas un scorpion quand on lui demande un oeuf. Mieux même, il donnera la qualité de ses soins aux plus faibles, comme il nous le rappelle dans la parabole du juge inique qu'il achève par cette conclusion : "Pensez-vous que Dieu puisse tarder envers ceux qui lui crient leur peine et leur misère ? Je vous le dis en vérité, il leur fera promptement justice" ! 

Il ne nous donnera jamais un pardon au rabais. Il ne nous accueillera pas du bout des lèvres, en faisant la grimace. Il ne sera pas de mauvaise humeur lorsque nous lui demandons le secours de son Esprit. Il ne nous jettera pas des miettes de sa grâce quand nous lui demandons un secours parfait. Même à travers l'épreuve ses soins seront encore excellents. 

Cinquième remarque : L'Evangéliste insiste pour que nous soyons étonnés par la quantité de vin miraculé : sans doute plusieurs dizaines de litres ! Peut-être 50 à 80 bonnes bouteilles ! Ce n'était pas nécessaire, puisqu'on arrivait à la fin du repas. Et pourtant, quelle profusion de vin ! 

C'est encore une belle image, comme si le Seigneur nous ouvrait les caves des meilleurs crus de ses bénédictions en nous disant : Servez-vous, puisez abondamment. Je vous veux très riches de ma grâce, car je veux vous faire du bien au-delà de ce que vous êtes capables de concevoir.

Je veux que le bon vin de ma grâce ne vous manque jamais, et je veux que vous en ayez en réserve dans les mauvais jours. Je veux que le vin de mon amour vous donne de belles ivresses dans la perspective glorieuse de votre victoire sur toutes choses et de votre salut final. 
Pour une fois, buvons sans modération ! 

Voyez comment ce jour-là le miracle de l'eau changée en vin a contribué à épanouir la foi des disciples. Le texte dit : "Jésus manifesta sa gloire et les disciples crurent en lui". 

Ce simple verset nous montre à quoi sert notre Bible et les oeuvres divines qu'elle nous rapporte. Par elle nous voyons la gloire bienfaisante du Seigneur. Cette gloire nous attire à lui et nous fait trouver des forces si bien que nous ne voulons plus le quitter ni le perdre. Il nous veut trop de biens. "Maman, c'est trop bon, dit Simon, mon petit-fils, lorsqu’il apprécie sa cuisine" 

Puissions-nous dire à Jésus : Seigneur c'est trop bon, le bien que tu nous fais. Reste avec nous, ne nous quitte plus. Donne-nous l'envie de te chercher et de te garder, alors nous boirons toujours l'excellent vin de ta grâce qui nous donne de belles ivresses en vue de la vie éternelle ! Amen ! 

 

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