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Le message du pasteur sur

Psaume 95. 1-7 - 2e dimanche de l'Epiphanie

Chère assemblée en fête, peuple du Seigneur, "allons au-devant lui avec des louanges, faisons retentir des chants en son honneur, car l’Eternel est un grand Dieu" (v.2-3). Ce psaume pour le temps de l’Epiphanie nous montre comment entrer dans l’année nouvelle avec joie et confiance. Il nous invite à un culte de louange et de reconnaissance. En effet, Dieu est Seigneur. Il est le Créateur du monde. Il est notre Berger.
Dieu est le Créateur du monde. "Il tient dans sa main les profondeurs de la terre, et les sommets des montagnes sont à lui. La mer est à lui : c’est lui qui l’a faite ; la terre aussi : ses mains l’ont formée" (v.4-5).
Bien avant Yannick Jadot, le psalmiste nous livre son pacte écologique. "La terre en danger" titrent régulièrement les grands hebdomadaires dans un contexte de réchauffement climatique… Pourtant, la Bible dit depuis longtemps que la nature a été soumise à la vanité de l’homme, et qu’elle attend sa délivrance avec un ardent désir (Rm 8.19-20)…
La nature a ses grandeurs et ses misères, ses richesses et ses malédictions. Elle est là pour nous réjouir et nous nourrir. Pourtant, le constat n’est plus à faire : une espèce animale ou végétale disparaît toutes les 20 minutes soit 26 280 espèces disparues chaque année. Près d’un quart pourrait s’éteindre d’ici le milieu du siècle, en raison des activités humaines. Le taux actuel d’extinction est environ mille fois plus élevé que le taux moyen enregistré au cours des temps géologique. Tout le monde s’accorde également sur les causes. Mais qu’en est-il des remèdes ?
Ce psaume rappelle que la terre est le lieu où le Seigneur agit et bénit. L’homme l’explore depuis toujours en profondeur et en altitude, mais il reste dans l’espace du Seigneur, le royaume de son Créateur…
Aux origines, Dieu avait dit à l’homme : "Remplissez la terre et soumettez-la " (Gn 1.28) ! Et il ne s’en est pas privé. Le psaume 95 nuance : "D’accord, dominez la nature, mais n’oubliez jamais qu’elle est l’oeuvre de votre Dieu" !
La terre est un don fait aux hommes. Qu’ils cessent donc de la considérer comme leur propriété ! Un seul possède. Qu’ils cessent de se prendre pour le patron !
Un seul est maître de ce monde ; nous n’en sommes que les gérants. Voilà pourquoi les chrétiens devraient tous avoir le souci de leur milieu de vie. Plus quelques autres valeurs directement inspirée de leur foi. Quelles sont-elles ?
Dieu "tient dans sa main les profondeurs de la terre, et les sommets des montagnes sont à lui", dit notre psaume. Alors il s’agit de travailler, et de travailler honnêtement, car c’est à ce prix que nous mangerons notre pain. Quel que soit mon activité, salariée ou non, c’est Dieu qui m’appelle à son service. De ce point de vue, le mot allemand pour désigner la profession, le métier est éclairant, puisque sous une autre forme, il désigne aussi la vocation, l’appel… Heureux celui qui s’épanouit dans son appel !
Dieu "tient dans sa main les profondeurs de la terre, et les sommets des montagnes sont à lui". Alors il s’agit de lui faire confiance et de croire qu’il est capable de bénir notre travail cette année, comme il l’a fait l’an passé. Salomon dit aussi : "Si une maison n’est pas construite par l’Eternel, ceux qui la construisent travaillent inutilement. C’est inutilement que vous vous levez tôt, que vous vous couchez tard et que vous mangez un pain gagné avec peine : il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil" (Ps 127). Ainsi le Seigneur donne ce qu’il possède. Et nous voyons, aux noces de Cana, par exemple, qu’il donne en abondance ce qu’il y a de meilleur.
Dieu "tient dans sa main les profondeurs de la terre, et les sommets des montagnes sont à lui". Alors il s’agit de ne pas gaspiller ce que le Seigneur nous donne, de ne pas souiller ni polluer une nature qu’il a créée belle, de ne pas la détruire par une exploitation outrancière et égoïste. Ne l’oublions pas : nos champs et nos prés, nos rivières, nos fleuves et nos mers, nos montagnes, nos forêts et nos campagnes ne sont pas à nous, mais au Seigneur.
Dieu "tient dans sa main les profondeurs de la terre, et les sommets des montagnes sont à lui". Alors il s’agit de ne pas se servir de ces ressources pour opprimer des peuples moins favorisés. Aucun pays ne peut utiliser les ressources de son sol et la générosité de son climat pour en asservir d’autres. Trop de pays riches, pour devenir plus riches encore, rendent les pays pauvres encore plus pauvres. La répartition équitable des richesses devrait être de rigueur quand le Seigneur révèle quelle est leur origine.
Dieu "tient dans sa main les profondeurs de la terre, et les sommets des montagnes sont à lui… "Venez, dit le psalmiste, prosternons-nous et humilions-nous, plions le genou devant l’Eternel, notre Créateur" (v.6). Dieu est le Créateur de toutes les races et il aime chaque homme comme son enfant. Un chrétien ne peut donc pas être raciste. Il ne peut pas mépriser, au nom de je ne sais quelle supériorité, ceux qui ont une autre couleur de peau, qui parlent une autre langue et proviennent d’une autre culture. Si mon attente légitime dans cette société est d’être estimé selon ma personnalité et mes qualités propres, et non simplement parce que je serais blanc de peau, chaque homme et chaque femme un peu moins blancs que moi, autour de moi, a droit à la même considération, à la même appréciation…
Dieu est notre Créateur. Il est donc aussi le Créateur du riche et du pauvre. C’est pourquoi le chrétien ne peut pas vouloir s’emparer des biens de son prochain, ni mépriser l’indigent en raison de sa pauvreté.
Dieu est notre Créateur. Il est donc aussi le Créateur de celui qui porte un handicap physique ou mental, bien qu’il n’ait pas voulu cela et que les maladies n’étaient pas dans son programme quand il créa le monde. Il faut les expliquer autrement, et vous savez comment... Les personnes handicapées sont donc elles-aussi respectables et ont le droit de vivre.
Dieu est notre Créateur. Il est donc aussi le Créateur de nos grands aînés, de tous ceux qui n’ont plus de force dans les bras, à force de travail ; de tous ceux qui ne sont plus rentables et constituent une charge pour leur famille ou la société. Ils ont eux aussi le droit de vivre. Il faut donc les aider à vieillir dans la dignité.
Créateur de tous les hommes. Il est vrai que Dieu ne crée pas l’alcoolique, le drogué, le malade du SIDA. Mais eux aussi, qu’ils soient ou non responsables de leur mal, ont été créés à l’image de Dieu et ont dans le ciel le même Seigneur et Sauveur que nous, même s’ils ne le savent pas toujours.
Créateur de tous les hommes… J’ai terminé récemment un roman de Dan Brown. En gros, c’est l’histoire d’un savant fou qui s’inquiète de la surpopulation mondiale, une sorte de disciple de Thomas Malthus. Alors il invente un virus pour rendre stérile un individu sur trois… Trop peu de terres cultivables pour une population croissante ? Au contraire ! Les ressources économiques ne cessent de croître, malgré l’apparence trompeuse. Chaque jour des gens créent plus de richesses qu’ils n’en consomment. Leur production est une ressource pour d’autres. Rappelons-nous que, dans le Notre-Père, nous prions aussi pour le pain dont notre prochain a besoin, et nous voulons faire confiance à Dieu pour le lendemain.
Créateur de tous les hommes. Alors il l’est aussi des 200 à 300.000 foetus humains qu’on tue chaque année dans le pays des droits de l’homme. Un génocide approuvé par la société et financé avec les deniers publics, dont presque personne ne s’indigne et par lequel on se substitue à Dieu et l’empêche d’être Créateur.
Frères et soeurs, que nos convictions religieuses, que nos options morales, sociales et politiques soient le reflet d’une certitude : "l’Eternel est un grand Dieu... il est notre Dieu" (v.3,7). Et cette conviction, il ne faudrait pas l’exprimer seulement derrière les murs de notre église.
L’Eternel nous a montré sa grandeur quand il a étendu son bras sur l’Egypte, la frappant de plaies et noyant son armée dans la Mer Rouge, pour délivrer son peuple. Il l’a montrée en faisant entrer ce peuple dans la terre promise, en lui donnant la victoire sur ses ennemis, en le châtiant à son tour quand il persistait dans son impiété, en le faisant partir en exil et en le ramenant dans sa patrie.
Il l’a montrée quand il s’est servi de l’empereur Auguste pour faire naître son Fils à Bethlehem, là où il devait venir au monde selon les prophètes. Il l’a montrée lorsque
son Fils guérissait en son nom des malades, délivrait des possédés et ressuscitait des morts. Il l’a montrée en le ressuscitant et en abolissant ainsi ce que les hommes avaient provoqué par leur désobéissance.
Oui chers amis, la Bible nous dit que Dieu a un plan et qu’il l’exécute. Aussi ne désespérons pas du sort de l’humanité. Le Seigneur sait ce qu’il fait, même si sa volonté est souvent contrecarrée par celle de ses créatures. Il a un plan glorieux qu’il mènera à bonne fin. Prions qu’il le fasse, et qu’il le fasse bientôt ! Ce plan, le voici.
Dieu est notre berger. Dans le psaume 95, nous lisons : "Il est notre Dieu et nous sommes le peuple dont il est le berger, le troupeau que sa main conduit" (V.7). Pour le psalmiste, venir au temple, c’est entrer au pays du repos ; une terre promise toute spirituelle. Là, on comprend et l’on contemple l’oeuvre de Dieu. C’est pourquoi il dit : "Venez, crions de joie pour le Seigneur, saluons joyeusement notre solide rocher, notre Sauveur" (V.1) !
Voilà, il est tombé, le mot qui explique un peu l’inexplicable, qui soulève un voile sur l’histoire de ce monde. Dieu est le rocher, notre Sauveur. Il y a un salut, et ce salut est solide comme le roc. Le créateur du ciel et de la terre a voulu le salut du monde. Il l’a réalisé en Jésus-Christ dont nous avons commémoré la naissance à Noël. Dieu a aimé le monde en supprimant la source d’une pollution qui le faisait mourir, un poison que l’on appelle le péché. La croix de Golgotha est cette source de guérison, parce que le sang de Jésus nous purifie de tout péché. La résurrection du Seigneur est le grand cri de victoire sur la tyrannie qui opprimait toute la création. Est-ce que cela ne mérite pas de crier de joie ? Ce Dieu d’amour se constitue un peuple de rachetés. Par le baptême, il l’a enveloppé, revêtu de sa grâce, de son pardon et de son salut ; par la repentance et la foi, il conduit ce peuple dans la vie éternelle.
"Il est notre Dieu et nous sommes le peuple dont il est le berger". La religion de la nature, des fleurs, de la montagne et des ruisseaux ne sera jamais qu’un point de départ du cheminement spirituel. Celui-ci trouve son aboutissement parfait dans l’appartenance à un peuple de croyants, la célébration communautaire et la fidélité à la parole.
"Il est notre Dieu et nous sommes le peuple dont il est le berger". Alors, c’est au nom de ce troupeau aimé et choyé qu’il laisse ce monde subsister, avec parfois ses gestes nobles et généreux et plus souvent ses injustices, ses turpitudes et ses atrocités ; avec son développement durable, ses médecins sans frontière et ses soupes populaires, mais aussi ses dictateurs, ses pétroliers cupides, ses attentats suicides et ses djihads. C’est par amour qu’il use de patience, qu’il renonce à engloutir l’humanité dans un deuxième déluge et à détruire les peuples qui le narguent. Parce que parmi tous ces peuples, il y a des hommes et des femmes qui sont aussi appelés au salut et qui n’ont pas encore reçu le pain et l’eau de la vie.
Ce monde subsiste jusqu’à ce 16 janvier 2021 parce que Dieu est un Dieu d’amour qui ne veut pas la mort du pécheur, mais que tous parviennent à la connaissance de la vérité.
Il est vrai toutefois que cette terre en danger n’est pas éternelle. Le Seigneur en créera une nouvelle, débarrassée de souffrance et de mort. En attendant, c’est ici que Dieu établit son royaume, l’espace où l’Eglise est appelée à être un levain par son témoignage, la lumière du monde et le sel de la terre. Vis-tu cela, toi qui es à la fois citoyen du monde et citoyen du ciel ? Est-ce une réalité dans ta vie et ton témoignage ?
"Il est notre Dieu et nous sommes le peuple dont il est le berger, le troupeau que sa main conduit" (V.7). Ferons-nous à l’avenir tout ce qu’il faut pour rester, avec nos enfants, des membres du peuple de son pâturage, des brebis de son troupeau ? As-tu le sentiment de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour amener d’autres hommes et femmes dans cette assemblée bénie ?
A une époque de crise profonde où tant de gens sont à la recherche de leur identité et d’un sens à donner à leur vie, il me semble que nous avons de quoi faire et bien remplir notre temps libre. Celui qui peut dire avec le psalmiste :
"L’Eternel est un grand Dieu, il est un grand roi au-dessus de tous les dieux. Il est notre Dieu", celui-là sait d’où il vient, qui le tient dans ses mains, à qui il appartient, qui il sert et où il va. Il a trouvé son identité, une vocation glorieuse. Il est enfant de Dieu, cohéritier du Christ et témoin de son Esprit.
Il sait qu’il a de quoi se repentir et dire avec le psalmiste : "Venez, prosternons-nous et humilions-nous, plions le genou devant l’Eternel, notre Créateur". Mais il peut aussi repartir dans la certitude du pardon divin, avec une foi, un courage et une fidélité renouvelés. Alors, plus que jamais, "Venez, crions de joie en l’honneur de l’Eternel, poussons des cris de joie en l’honneur du rocher de notre salut ! Entrons dans l’année nouvelle en chantant notre reconnaissance, allons au-devant de lui avec des louanges, car l’Eternel est un grand Dieu, il est un grand roi sur toute la terre" ! Amen. "Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, gardera votre coeur et vos pensées en Jésus-Christ" Amen !